Le stress en ayurveda

En Ayurveda, le stress est connu sous le nom de « Sahasa ». Il est défini comme une discorde constante entre le mental, le corps et l’esprit, qui interrompt l’équilibre des trois doshas (vata, pitta et kapha). D’après la médecine ayurvédique, le stress provoque une perte d’immunité (ojahksaya), augmentant ainsi la susceptibilité du corps à diverses maladies infectieuses.

Les causes et les conséquences du stress

Différents facteurs de stress perturbent les trois doshas (vata, pitta et kapha) et sont donc impliqués dans plusieurs maladies :

  • Le stress physique : un exercice physique prolongé, le manque de sommeil et/ou des insomnies, des déplacements constants, des habitudes alimentaires irrégulières, une surcharge sensorielle, ou une charge de travail trop intense.
  • Le stress environnemental : la pollution, le bruit, le changement climatique et les catastrophes naturelles, une exposition prolongée au froid ou au chaud, les ondes électromagnétiques…
  • Le stress psychologique : des relations malsaines, le chagrin,  la colère, la peur, l’attachement, la cupidité, ou des pensées négatives.

Ces différentes sources de stress vont affaiblir le système nerveux (majja dhatu), qui est étroitement relié au dosha Vata, lui-même relié au mouvement, à travers les cinq sous-doshas de Vata (les cinq vayus).

Ainsi, lorsque le dosha Vata se déséquilibre, cela provoque un déséquilibre au niveau d’un ou plusieurs vayus (prana, apana, samana, udhana, vyana), entraînant une irrégularité dans le fonctionnement de l’organisme, au niveau physique, physiologique et psychologique.

Divers symptômes apparaîtront comme un excès de mouvement (physique et/ou mental), des contractions musculaires involontaires (tremblements, convulsions, paralysies), des douleurs, blocages, et tensions dans le corps, une formation des structures osseuses et musculaires de manière impropre et irrégulière, et des troubles au niveau des organes des sens…
Cela entraînera à long terme la formation de diverses maladies de type Vata (Nidana vaitika), recensées au nombre de 80 dans les textes fondateurs de la médecine ayurvédique.

Les traitements ayurvédiques face au stress

Le premier traitement est d’éviter les facteurs causant le stress (sahasam sada varjayate). L’Ayurvéda reconnaît le fait que « la prévention est mieux que la guérison ». La meilleure façon d’éviter le stress est d’avoir une compréhension approfondie des éléments et facteurs déclencheurs de ce stress.

La deuxième possibilité est l’augmentation de la capacité d’adaptation du corps, grâce au mode de vie (dinacharya), dont l’alimentation (ahara) et les thérapies régénérantes (rasayana chikitsa).
Rasayana signifie « rajeunissement » par les plantes et par diverses thérapies qui vont renforcer les tissus, prévenir l’oxydation prématurée des cellules, et par conséquent renforcer et maintenir l’immunité (ojas).

“Rasayana est ce qui entre (ayana) dans l’essence (rasa). C’est ce qui pénètre et revitalise l’essence de notre être psychophysiologique.” – David Frawley

phythothrapie-plants

Des plantes ayurvédiques pour diminuer le stress

1- Brahmi (Bacopa Monnieri)
Brahmi signifie “Ce qui confère la connaissance de Brahman ou Réalité Suprême”. Cette plante élimine les toxines et l’obstruction du système nerveux (Majja dhatu) tout en ayant un effet nourrissant sur ce dernier.  Elle revitalise les cellules du cerveau et a un effet équilibrant sur les hémisphères droit et gauche du cerveau. Elle améliore également la mémoire et les performances intellectuelles, favorise la concentration et développe la capacité à méditer. Enfin, elle améliore la clarté mentale et le sommeil pour réduire le stress et la fatigue. 

En médecine ayurvédique, cette plante récoltée est préparée avec du ghee (beurre clarifié), et d’autres plantes indiennes, afin de réaliser une préparation médicinale appelée « Brahmi Gritham ».

2- Ashwagandha (Withania Smonifera)
Cette plante favorise la régénération du corps et augmente l’immunité (ojas). Elle est utilisée dans plusieurs formules de plantes rasayana comme la fameuse confiture ayurvédique « Chyavanaprash », ou la pâte médicinale « Ashwagandha Lehyam ».

Elle régénère toutes les parties du corps reliées au dosha vata, telles que le système nerveux et la moelle osseuse (majja dhatu), fragilisées en cas de faiblesse générale et nerveuse, et de formes élevées de stress. Sa puissante propriété anti-stress concerne aussi bien le stress que l’épuisement mental et physique.

Enfin, c’est une plante très sattvique qui régénère les nerfs et les tissus du cerveau, augmentant la mémoire et la capacité d’apprentissage.

3- Jatamansi (Nardostachys Jatamansi)
Son nom en sanskrit signifie « Celui qui détruit les esprits mangeurs de chair », ou « celui qui soulage le stress et le désarroi du subconscient ».

Elle fait partie de la famille de la Valériane, mais contrairement à la Valériane européenne qui a une propriété (Virya) chauffante, la Valériane indienne est rafraîchissante, ce qui favorise l’apaisement du mental surchauffé et des nerfs enflammés.
La Jatamansi traite les agitations émotionnelles et les traumatismes subconscients, et améliore les capacités intellectuelles, la mémoire et la concentration. C’est une plante nervine et sédative très puissante, utilisée pour traiter le système nerveux, tonifier les tissus cérébraux, augmenter la résistance au stress et soulager les tensions nerveuses en régulant les fonctions cardiaques (hypertension, et troubles cardiaques et nerveux).

Pour cela, faire bouillir une cuillère à café de Jatamansi en poudre dans 250 mL de lait cru pendant 5 minutes, et boire à jeun le matin.

4- Shanka Pushpi (Convolvulus pluricaulis)
Le Shanka Pushpi est l’une des plantes nervines les plus importantes avec le Brahmi et le Jatamansi afin de traiter efficacement les douleurs nerveuses. Elle favorise la mémoire, la concentration, et la régénération du mental en améliorant la circulation allant jusqu’au cerveau afin de stimuler les fonctions cérébrales supérieures.

 

Comment prendre ces plantes ?

En médecine ayurvédique, les plantes sont macérées, cuites et préparées dans un ingrédient conducteur (anupana), de sorte à ce qu’elles soient le mieux assimilées par l’organisme et qu’elles puissent agir rapidement sur le tissu et l’organe ciblé. Cela permet aussi une plus longue conservation des formules de plantes.
Parmi ces préparations, on retrouve la décoction à base d’eau (kashayam ou kwatham), la décoction à base de lait (ksheera paka), la décoction à base d’alcool (arishtam et asavam), les pâtes à base de miel et/ou sucre jaggery et ghee (lehyam ou gulam), les pâtes à base de Ghee (gritham), et les comprimés (ghan vati et gulika).  

Afin de traiter les états de stress, le meilleur anupana est le Ghee (beurre clarifié) car il nourrit les tissus nerveux et la moelle osseuse.
Il constitue ainsi un important tonique régénérant (rasayana) pour le mental, le cerveau et le système nerveux (majja vaha srota).
De plus, il accroît le feu digestif (Jatharagni) ainsi que toutes les énergies digestives et enzymes du corps, et cela sans congestionner le foie, comme le font les autres matières grasses.

Enfin, le Ghee augmente l’immunité (Ojas), qui est l’essence subtile de tous les tissus (dhatus). Et en augmentant Ojas, il soutient Tejas (le feu mental), améliorant ainsi la flamme de l’intelligence et de la perception (medhagni).
→ Les plantes ainsi macérées et cuites avec le Ghee forment une médecine appelée Gritham. Mais une autre méthode, adaptée, est de mélanger ½ à 1 cuillère à café de poudre de plante avec 1 cuillère à café de Ghee pure à prendre à jeun le matin.

Enfin, nous rappelons que ces conseils en phytothérapie ne remplacent en aucun cas un traitement médical et un suivi médical, donc avant toute automédication, il est nécessaire de demander conseil à votre médecin généraliste.

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